Voici un article que j’ai traduit du blog « Underground Catholicism »
Source: https://undergroundcatholicism.com/2019/11/14/the-apostasy-of-rome-and-what-it-really-means/

L’apostasie de Rome et ce qu’elle signifie vraiment
Publié le 14 novembre 2019
 » L’apostasie de la ville de Rome à l’égard du vicaire du Christ et sa destruction par l’Antéchrist sont peut-être des pensées si nouvelles pour beaucoup de catholiques, que je crois bon de réciter le texte des théologiens les plus réputés. D’abord Malvenda, qui écrit expressément sur le sujet, déclare comme l’opinion de Ribera, Gaspar Melus, Biegas, Suarrez, Bellarmin et Bosius que Rome apostasiera de la foi, chassera le Vicaire du Christ et retournera à son ancien paganisme. …Alors l’Église sera dispersée, poussée dans le désert, et sera pour un temps, comme au début, invisible, cachée dans les catacombes, dans les antres, dans les montagnes, dans les cachettes ; pour un temps, elle sera balayée, pour ainsi dire, de la surface de la terre ». Tel est le témoignage universel des Pères de l’Église primitive. »
-Le cardinal Henry Edward Manning, The Present Crisis of the Holy See, 1861.

L’Église catholique enseigne qu’elle n’aura jamais de taches ou de défauts en termes d’enseignements doctrinaux et dogmatiques. Elle enseigne également que Rome est le Premier Siège. Celui qui occupe le siège de la papauté est le chef universel de la chrétienté. Et qu’il est impossible à tout homme qui occupe ce siège de conduire toute l’Église dans l’hérésie. Nous ne parlons pas seulement de déclarations infaillibles qui ont des conditions spécifiques. Nous parlons aussi d’une manière générale, le pape de Rome ne peut pas conduire toute l’Église dans l’hérésie.

Alors comment concilier cela avec ce que dit le cardinal Manning sur le fait que Rome a perdu la foi ? Pas seulement le Cardinal Manning, mais d’autres théologiens et saints (et même les Pères de l’Eglise). Ces théologiens et ces saints savaient sûrement ce que l’Église catholique enseigne sur l’indéfectibilité et l’infaillibilité. Alors, comment peuvent-ils dire que le pape de Rome est le rocher de l’Église qui empêche les fondations de s’écrouler et, en même temps, enseigner que Rome peut perdre la foi ? Comment peut-on concilier ces deux positions ?

Il ne fait aucun doute que l’Église restera intacte jusqu’à la fin des temps. Cela, le Seigneur nous l’a promis (Matthieu 16:17-19). Nous allons consulter l’Écriture, les théologiens catholiques et les Pères de l’Église pour comprendre ce que signifie pour Rome la perte de la foi.

Nous commencerons par l’Écriture, puisqu’elle est prééminente. En parlant de la venue de l’Antéchrist, Saint Paul nous dit dans 2 Thessaloniciens 2:3 :

Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car ce jour-là ne viendra pas, à moins que la rébellion ne vienne d’abord, et que ne soit révélé l’homme de l’iniquité, le fils de la perdition,

Le mot traduit par « rébellion » peut également être traduit par « apostasie ». En fait, la translittération du grec est apostasie. La signification de ce mot est qu’il signifie que l’on s’éloigne de quelque chose. Ici, saint Paul nous dit que l’Antéchrist n’arrivera pas sur la scène avant qu’une apostasie ne se produise. Le Catéchisme de l’Église Catholique dit :

Avant la seconde venue du Christ, l’Église doit passer par une ultime épreuve qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagnera son pèlerinage sur terre dévoilera le « mystère d’iniquité » sous la forme d’une tromperie religieuse offrant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. La supercherie religieuse suprême est celle de l’Antéchrist, un pseudo-messianisme par lequel l’homme se glorifie à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. (CEC N° 675)

Puisqu’une apostasie est un abandon de quelque chose, qui d’autre que les vrais chrétiens pourrait s’abandonner ? Un athée ne peut pas devenir un apostat. Un musulman non plus. Pour devenir un apostat, vous devez d’abord faire partie de la One Holy Catholic and Apostolic Church et croire en tout ce qu’elle enseigne. Ceci étant dit, nous pouvons commencer à éclaircir un peu ce mystère. La Grande Apostasie (ou Grande Déception) concernera l’Église elle-même. Ce sera une apostasie de l’intérieur. Cette Grande Déception sera si grande qu’elle pourra même égarer les élus (Matthieu 24:24).

Dans le même ouvrage cité ci-dessus, le cardinal Manning écrit :

En traitant de ce sujet, je ne m’aventurerai pas sur des conjectures de mon cru, mais je livrerai simplement ce que je finds soit chez les Pères de l’Église, soit chez les théologiens que l’Église a reconnus, à savoir Bellarmin, Lessius, Malvenda, Viegas, Suarez, Ribera, et d’autres.

D’abord, qu’est-ce que la révolte ? Dans l’original, elle est appelée daroa’rao’ia, « une apostasie », et dans la Vulgate, discessio, ou « un départ ». Or, une révolte implique une séparation séditieuse d’avec une autorité, et une opposition conséquente à celle-ci. … cette révolte ou apostasie est une séparation, non pas de l’ordre et de l’autorité civils, mais de l’ordre et de l’autorité spirituels ; car les auteurs sacrés, à maintes reprises, parlent d’une telle séparation spirituelle… -Henry Edward Cardinal Manning, The Present Crisis of the Holy See, 1861

Le Cardinal Manning résume ici notre premier point, celui de l’apostasie. Notez bien qu’il voit cette apostasie ou ce départ comme une apostasie spirituelle, et non civile. Il appuie également cette interprétation en utilisant les Pères de l’Église et les théologiens.

Bellarmin dit :

« Au temps de l’Antéchrist, Rome sera désolée et brûlée, comme nous l’apprenons par le seizième verset du dix-septième chapitre de l’Apocalypse. » -Bellarm. de Summo Pontif lib. iv. cap. 4

Lessius dit :

« Au temps de l’Antéchrist, Rome sera détruite, comme nous le voyons ouvertement dans le treizième chapitre de l’Apocalypse ; » – Lessius, de Antichristo, demonst. xii.

Malvenda écrit :

« Mais Rome elle-même, dans les derniers temps du monde, reviendra à son ancienne idolâtrie, à sa puissance et à sa grandeur impériale. Elle chassera son Pontife, apostasiera complètement de la foi chrétienne, persécutera terriblement l’Église, versera le sang des martyrs plus cruellement que jamais, et retrouvera son ancien état d’abondante richesse, ou même plus grande que celle qu’elle avait sous ses premiers souverains. » – Malvenda, de Antichristo, lib. iv. cap. 5.

Ce thème du retour de Rome à ses habitudes païennes est un thème avec lequel les Pères de l’Église sont d’accord. Les Pères de l’Église croyaient que juste avant l’arrivée de l’Antéchrist, Rome retournera à ses habitudes païennes et sera détruite. Avant de prouver l’affaire à partir des Pères, nous citerons d’abord le pape Piux IX :

« Pour agir avec liberté, comme il est juste qu’elle le fasse, elle a toujours eu besoin de l’assistance qui convenait aux conditions et aux nécessités de l’époque. C’est donc par un décret particulier de la Divine Providence que, à la chute de l’Empire romain et à sa partition en royaumes séparés, le Pontife romain, que le Christ a fait le chef et le centre de toute son Église, a acquis le pouvoir civil. » -Pape Pie IX, Lettre Apostolique Cum Catholica Ecclesia

En d’autres termes, après la chute de l’Empire romain, le pape a finalement et organiquement assumé ce pouvoir temporel et civil.

Le pape saint Léon le Grand a écrit un jour :

« Afin que l’effet de cette grâce ineffable soit diffusé dans le monde entier, il a préparé l’empire de Rome, dont l’expansion s’est étendue jusqu’aux limites qui bordent la famille entière de toutes les nations. Car c’était une préparation appropriée à l’œuvre divinement disposée que de nombreux royaumes soient confédérés en un seul empire, afin que la prédication universelle de l’Évangile pénètre rapidement à travers ces nations que le gouvernement d’une seule cité tenait dans l’unité. » – Saint Léon, Serm. lxxxii. t. i. p. 322.

Saint Thomas d’Aquin, en commentant ce passage, écrit :

 » L’Empire romain n’a pas cessé, mais il est passé du temporel au spirituel.  » – Dans le lib. lv. Sent. Distinc. xlvi. 1.

Le Cardinal Manning commente tout cela et dit :

« …ce n’était pas l’Empire romain, ni Rome seule, mais le royaume de Dieu qui est descendu sur toute la terre, et qui, depuis le jour de la Pentecôte, s’est répandu dans tout le circuit de l’Empire romain, avec une autorité supérieure à celle de Rome. » -Henry Edward Cardinal Manning, The Present Crisis of the Holy See, 1861

En d’autres termes, l’Église catholique romaine est maintenant, en un sens, l’Empire romain d’autrefois. C’est dans cette optique que le cardinal Manning interprète les premiers pères de l’Église comme enseignant qu’avant que l’Antéchrist n’entre en scène, Rome doit d’abord retourner à ses habitudes païennes et être détruite.

Le prophète Daniel écrit :

« Alors je voulus savoir la vérité sur la quatrième bête, qui était différente de toutes les autres, extrêmement terrible, avec ses dents de fer et ses griffes d’airain, qui dévorait et mettait en pièces, et qui foulait aux pieds ce qui restait ; et sur les dix cornes qui étaient sur sa tête, et sur l’autre corne qui montait et devant laquelle trois d’entre elles tombaient, corne qui avait des yeux et une bouche parlant de grandes choses, et qui semblait plus grande que ses semblables. Comme je regardais, cette corne fit la guerre aux saints et l’emporta sur eux, jusqu’à ce que vienne l’Ancien des Jours, que le jugement soit rendu pour les saints du Très-Haut, et que vienne le temps où les saints recevront le royaume. – Daniel 7:19-22

Nous dirons donc que la 11e corne est l’Antéchrist. Cette 11e corne, les Pères de l’Église l’interprètent comme étant Rome et l’Antéchrist. Cette corne a fait la guerre aux saints et a prévalu sur eux jusqu’à la venue de l’Ancien des Jours (le Christ). Nous nous souvenons ici de notre Seigneur lorsqu’il a dit : « Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, qui feront de grands signes et des prodiges, afin d’égarer, si possible, même les élus. » (Matthieu 24:2). Consultons maintenant les Pères de l’Église et prouvons notre point de vue selon lequel la 11e corne est Rome et l’occupation de l’Antéchrist.

Lactantius Firminianous (4ème siècle) écrit :

« Ce sont les choses dont les prophètes parlent comme devant arriver dans la suite : … Le sujet lui-même déclare que la chute et la ruine du monde auront lieu sous peu ; sauf que tant que la ville de Rome subsiste, il semble que rien de tel ne soit à craindre. Mais quand cette capitale du monde sera tombée et aura commencé à être une rue, ce que les sibylles disent qu’il arrivera, qui peut douter que la fin est maintenant arrivée aux affaires des hommes et du monde entier ? C’est cette cité, celle-là seule, qui soutient encore toutes choses ; et le Dieu du ciel doit être supplié par nous et imploré – si, en effet, ses arrangements et ses décrets peuvent être retardés – de peur que, plus tôt que nous ne le pensons, ne vienne ce tyran détestable qui fera le commerce d’un si grand acte, et creusera cet œil, par la destruction duquel le monde lui-même est sur le point de tomber. » – Institutions divines, livre VII, chapitre 25, des derniers temps, et de la ville de Rome.

Saint Cyrille de Jérusalem (IVe siècle) écrit :

« Mais cet Antéchrist susmentionné doit venir lorsque les temps de l’empire romain seront accomplis, et que la fin du monde sera proche. Dix rois romains s’élèveront ensemble, régnant peut-être dans des régions différentes, mais tous à peu près à la même époque ; et après eux, un onzième, l’Antéchrist, qui, par sa ruse magique, s’emparera de la puissance romaine ; et des rois qui ont régné avant lui, il en humiliera trois, et les sept autres se tiendront soumis à lui-même. » – Lectures catéchétiques, Lectures XV

Saint Jean Chrysostome (IVe siècle) écrit :

« Ainsi en effet, il dit aussi ici . « Il n’y en a qu’un qui se retient maintenant, jusqu’à ce qu’il soit ôté du chemin », c’est-à-dire que lorsque l’empire romain sera ôté du chemin, alors il viendra. Et naturellement. En effet, tant que durera la crainte de cet empire, personne ne se retirera volontairement, mais lorsque celui-ci sera dissous, il attaquera l’anarchie, et s’efforcera de s’emparer du gouvernement des hommes et de celui de Dieu. Car, comme les royaumes antérieurs ont été détruits, par exemple, celui des Mèdes par les Babyloniens, celui des Babyloniens par les Perses, celui des Perses par les Macédoniens, celui des Macédoniens par les Romains, ainsi en sera-t-il de même par l’Antéchrist, et lui par le Christ, et il ne se retiendra plus. Et ces choses, Daniel nous les a livrées avec une grande clarté. » – Homélies sur la deuxième Thessaloniciens, Homélie IV, 2 Thess 2,6-9

Saint Jérôme (4e – 5e siècle) écrit :

« … Nous devons donc nous rallier à l’interprétation traditionnelle de tous les commentateurs de l’Église chrétienne, selon laquelle à la fin du monde, lorsque l’Empire romain sera détruit, il y aura dix rois qui se partageront le monde romain. Alors surgira un onzième roi insignifiant, qui vaincra trois des dix rois, … » – Commentaire sur Daniel, chapitre 7, verset 8

Saint Augustin (IVe siècle) écrit :

« Que veut-il dire, en effet, par ‘Le mystère de l’iniquité est déjà à l’œuvre ; que celui qui tient maintenant, tienne jusqu’à ce qu’il soit ôté du chemin ; et alors le méchant sera révélé ?' » [2 Thessaloniciens 2]. [2 Thess 2] J’avoue franchement que je ne sais pas ce qu’il veut dire. (…) Cependant, il n’est pas absurde de croire que ces paroles de l’apôtre,  » Que celui qui tient maintenant tienne jusqu’à ce qu’il soit retiré du chemin « , se réfèrent à l’empire romain, comme s’il était dit :  » Que celui qui règne maintenant règne jusqu’à ce qu’il soit retiré du chemin « . ‘Et alors le méchant sera révélé’ : personne ne doute que cela signifie l’Antéchrist. » – Cité de Dieu Livre XX, chapitre 19

Nous arrivons maintenant au cœur de notre sujet. Qu’est-ce que cela signifie pour Rome de perdre la foi ? Qu’est-ce que cela signifie pour Rome d’être le siège de l’Antéchrist ? Si vous avez prêté une attention particulière à la citation de Malvenda ci-dessus, vous avez dû remarquer un détail qui dévoile davantage la réponse à nos questions. Il dit :

« Mais Rome elle-même, dans les derniers temps du monde, reviendra à son ancienne idolâtrie, à sa puissance et à sa grandeur impériale. Elle chassera son Pontife, apostasiera complètement de la foi chrétienne, persécutera terriblement l’Église, versera le sang des martyrs plus cruellement que jamais, et retrouvera son ancien état d’abondante richesse, ou même plus grande que celle qu’elle avait sous ses premiers souverains. »

Rome chassera son Pontife. Elle deviendra une religion de paganisme. Elle ne fera pas partie de l’Église. Malvenda écrit même que la Rome païenne « persécutera terriblement l’Église, versera le sang des martyrs plus cruellement que jamais… » Cela nous indique que nous aurons affaire à deux organisations différentes. L’une de Dieu et l’autre de l’homme. Nous savons que l’organisation de Dieu sera celle dont le Pontife est le chef. Il sera chassé de Rome et résidera dans une autre ville. Il sera tué peu après. L’Église qui sera persécutée sera sous ce pontife. L’organisation (ou l’église créée par l’homme ?) exaltera son propre pontife.) La véritable Église sera sans tête pendant un certain temps, sans pape.

Car l’Église avec le vrai Pontife apparaîtra comme si elle avait cessé d’exister. Elle sera souterraine. Et dispersée. Rare. Et celle qui s’empare de Rome apparaîtra comme étant la seule vraie Église puisqu’elle aura un Pontife qui sera élu et qui apparaîtra comme étant humble et saint. La plupart des catholiques reconnaîtront l’antipape comme le vrai pape.